La Bataille de Bouvines (2)

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Les rôles sont répartis au sein de la coalition : 

Jean sans Terre attaque le royaume de France par le sud, en Anjou. Mais au début du mois de juillet 1214, il est vaincu par Louis, fils de Philippe Auguste, et entreprend une retraite peu glorieuse, justifiant son surnom de « Molle Epée » et de Jean « Cœur de Poupée », en comparaison avec son frère Richard Cœur de Lion.

Mais Philippe Auguste est menacé par le Nord où ses adversaires se rassemblent : Othon VI, Renaud de Dammartin comte de Boulogne, Ferrand comte de Flandre et Guillaume de Salisbury (demi-frère de Jean sans Terre) à la tête du contingent anglais. Ils veulent une bataille décisive pour vaincre et tuer le roi de France.

Philippe Auguste ravage le comté de Flandre pour punir Ferrand de sa félonie. Lille et Cassel sont incendiés. Il cherche le contact avec ses ennemis regroupé à Valenciennes depuis le 20 juillet. Il pénètre dans Tournai qui n’est guère défendable, puis repart vers Lille et installe son armée près du pont de Bouvines. Il y choisit un terrain favorable pour la bataille : un plateau large de 4 kms et long de 20 kms, bordé de part et d’autre par les marais de la Marque et par une forêt, ce qui empêche tout mouvement tournant de la part de l’ennemi. Persuadés que le roi de France s’enfuit, les coalisés l’attaquent sur ce terrain choisit par lui le dimanche 27 juillet 1214, sans respecter ce jour sacré « la trêve de Dieu ».

 

Quelles sont les forces en présence ?

 

Il y a des difficultés pour avoir un état des lieux précis des effectifs des deux armées, cependant on estime que le roi de France dispose de 1300 chevaliers et de 4000 à 5000 fantassins. L’armée des coalisés étant deux fois plus nombreuse.

 

 

Les combats s’engagent au environ de midi, par une forte chaleur.

Dans un premier temps, les coalisés prennent l’avantage. Philippe Auguste est désarçonné et sauvé de justesse par ses chevaliers.

Dans un deuxième temps, les chevaliers français chargent avec succès. Les fantassins progressent victorieusement. Othon IV échappe de peu à la capture. Frédéric devient roi. Othon meurt en 1218. Renaud de Boulogne est capturé. Guillaume de Salisbury est assommé et capturé. Il sera livré au comte Robert de Dreux, afin que celui-ci l’échange auprès de Jean sans Terre contre son neveu, retenu en otage. Ferrand est fait prisonnier avec 130 chevaliers qui devront payer rançon. Une partie des fantassins de l’armée coalisée est impitoyablement massacrée.

 

 

 La victoire du roi de France est éclatante, mais quelles en  sont  les raisons  autres que celles précédemment évoquées ?

L’armée royale a une bonne cohésion : les chevaliers sont tous « Francs » et parlent le « francien », les fantassins sont des miliciens venus des communes de l’Iles de France et de Picardie auxquelles le roi a accordé des libertés et des franchises qu’ils ont conscience de défendre.

En face il y a quatre chefs qui ne se comprennent pas toujours bien. Les fantassins parlent des langues différentes (dialectes germaniques, flamant, anglais, francien). Les chevaliers, d’origines diverses, ont tendance à n’obéir qu’à eux-mêmes.

 

Philippe Auguste rentre triomphalement à Paris avec dans son cortège, Ferrand, comte de Flandre, enchainé, dont les parisiens se moquent en chantant « Quatre ferranz (coursiers alezans) bien ferrés trainent Ferrand bien enferré ».

Il lui faudra attendre 12 années de captivité et le règne de  Louis VIII, le fils de Philippe Auguste, pour pouvoir rejoindre Jeanne de Flandre et son comté, contre la cession de Lille, Douai et l’Ecluse. Renaud restera emprisonné dans la forteresse du Goulet jusqu'à sa mort en 1227.  Philippe Auguste lui confisque ses terres, pour les donner à son fils Philippe Hurepel et marie celui-ci avec la fille de Renaud, Mathilde de Dammartin.

 

Jean sans Terre est vaincu au sud et au nord mais la lutte entre les royaumes de France et d’Angleterre va encore durer deux siècles jusqu’à la perte pour les anglais de tous les territoires qu’ils possèdent sur le continent. Quant à l’affrontement franco-anglais, il se poursuivra jusqu’à nos jours, mais c’est une autre histoire….

Les rapports entre la Flandre et la France constituent aussi une autre histoire qui se poursuivra, elle, jusqu’à l’indépendance de la Belgique en 1830.

 

La bataille de Bouvines a donc été une étape importante pour la construction d’un puissant royaume, mais les ch’ti étaient dans le camp des vaincus…

 

Paul MASSE, choriste de Prélude

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